La Conférence des transports de la Suisse occidentale (CTSO), OUESTRAIL, accompagnés par des représentants des milieux économiques et des élus aux Chambres fédérales romands ont rappelé lors d'une conférence de presse à Berne l'importance stratégique des axes ferroviaires EST-OUEST, qui relient Saint-Gall et Bâle à Genève. Ces axes desservent près de 80% de la population et il est nécessaire d'en assurer la fiabilité et le renforcement pour faire face aux défis à venir.
Ils forment le second axe de la « croix ferroviaire fédérale », essentielle pour la cohésion nationale ainsi que le développement et la compétitivité économique du pays dans son ensemble. L'axe Est-Ouest est une porte d'accès pour les Alémaniques sur la Suisse romande et l'Europe de l'Ouest et du sud, et vers Zurich et le nord de l'Europe pour les Romands. Ses grandes lignes relient les trois principales régions économiques du pays: les métropoles lémanique, zurichoise et bâloise, ainsi que leurs aéroports internationaux, desservant au passage les zones économiques de la Région Capitale Suisse et de l'Arc jurassien.
Le renforcement et la fiabilisation de l'axe Est-Ouest sont d'importance vitale pour garantir la cohérence nationale, l'efficacité sociale et économique du réseau ferroviaire, et pour répondre aux enjeux démographiques et climatiques. La Suisse occidentale représente près de 50% du potentiel de report modal de la voiture vers les transports publics de l'ensemble du pays. Malgré cela, les trajets en train entre la Suisse occidentale et la Suisse alémanique présentent des faiblesses notables en termes de temps de parcours, de cadence, de capacité, et de plus en plus en termes de fiabilité. Il est donc impératif que les travaux d'aménagement planifiés et en cours avancent rapidement.
La Suisse occidentale demande concrètement les mesures suivantes :
Des temps de parcours cohérents et rapides: Le projet Rail 2000 (voté en 1987) visait moins de 60 minutes entre les principaux nœuds ferroviaires (Zurich, Bâle, Berne, Lausanne). Quarante ans plus tard, cette promesse n'est toujours pas tenue entre Lausanne et Berne, impactant les correspondances à Lausanne et dans toute la région.
Une cadence à la demi-heure sur l'ensemble du trafic Grandes lignes: La construction progressive d'une nouvelle ligne Lausanne-Genève résoudra les problèmes de saturation dans l'Ouest. Des améliorations sont aussi nécessaires à la sortie du nœud de Berne vers Zurich et sur la ligne du Pied-du-Jura, en réalisant un bypass dans la région lausannoise et en désengorgeant le goulet d'étranglement de Vauseyon par une Ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Ces améliorations permettront des liaisons directes InterCity toutes les 30 minutes vers les principales villes du pays au départ et à destination de Genève, Lausanne, Neuchâtel, Delémont, Biel/Bienne et Berne.
Une redondance des infrastructures au départ et à destination de Genève: Le lien stratégique vers l'ouest et le nord de l'Europe (notamment Lyon, le sud de la France, l'Espagne, l'Italie via le Simplon, et à futur Londres et le BENELUX) dépend aujourd'hui d'une seule ligne de chemin de fer à Genève. Saturée et considérée comme un point noir du réseau, cette infrastructure unique engendre de lourdes perturbations en cas d'incident. La création d'une seconde ligne est indispensable pour fiabiliser le trafic voyageurs et marchandises et développer les échanges internationaux.
La réalisation prioritaire de ces mesures bénéficie à l'ensemble du pays, le réseau étant totalement interconnecté. L'axe Est-Ouest est indissociable de l'axe Nord-Sud, et les deux sont liés aux réseaux ferroviaires français, allemands, autrichiens et italiens.