L’initiative pour un fonds climat soumise à votation le 8 mars 2026 menace directement la stabilité financière de la Suisse et fragilise les cantons. En prévoyant de dépenser jusqu’à 10 milliards de francs par an par le recours systématique à l’endettement, ce projet ferait peser une lourde charge sur les finances publiques. Pour le canton de Fribourg, déjà confronté à de fortes tensions budgétaires, cette initiative aggraverait encore une situation financière délicate. La Chambre de commerce et d’industrie du canton de Fribourg (CCIF), la Fédération patronale et économique (FPE) et l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF) rejettent unanimement ce texte.
L’initiative prévoit la création d’un fonds permanent, alimenté chaque année à hauteur de 0,5 à 1% du PIB, soit entre 4,3 et 8,5 milliards de francs selon les chiffres actuels, et 10 milliards d’ici à quelques années. Ces dépenses seraient explicitement soustraites au frein à l’endettement. Un tel mécanisme engagerait la Suisse pour des décennies, sans priorités clairement définies. Il conduirait à un endettement fédéral supplémentaire de quelque 200 milliards de francs d’ici à 2050.
Ce fonds ne serait en aucun cas « gratuit », contrairement à ce qu’affirment les initiants. Le frein à l’endettement continuerait de s’appliquer au reste du budget fédéral. Rapidement, il faudrait par ailleurs commencer à rembourser cette dette et la seule option praticable serait une hausse massive des impôts. La TVA devrait augmenter de 2,5 points de pourcentage, ce qui représenterait un coût pouvant atteindre 1280 francs par an et par ménage. Pour les 140'000 ménages recensés dans le canton, cela correspondrait donc à 180 millions de francs par an.
Le pouvoir d’achat serait affaibli et les entreprises pénalisées. Pour le canton, qui fait face à un urgent besoin d’assainissement des finances, comme pour les communes, la marge de manœuvre serait encore plus limitée. Des domaines clés comme la santé, la formation, les routes, les transports publics et l’agriculture seraient sous pression à tous les échelons.
En centralisant les priorités à Berne, le fonds climat créerait en outre une concurrence artificielle entre projets, entre cantons et entre régions. Les réalités et besoins spécifiques des cantons risquent d’être relégués au second plan, au profit d’une logique de redistribution déconnectée du terrain.
Sur le plan climatique, cette initiative relève également de l’illusion. La Suisse investit déjà plus de 3 milliards de francs par an dans la protection du climat et de la biodiversité. Depuis 1990, les émissions totales ont diminué de plus de 26%, sans fonds climat. L’industrie a même réussi à réduire ses émissions de 32%. En instaurant une gigantesque machine à subventions financée par la dette, l’initiative générera une puissante inflation dans tout le secteur du bâtiment. La CCIF, la FPE et l’UPCF sont soucieuses de préserver au maximum la compétitivité de ce secteur, qui compte plus de 20'000 employés dans le canton.
Refuser le fonds climat, c’est défendre une politique climatique crédible, efficace et compatible avec des finances publiques responsables. C’est aussi refuser de faire porter aux cantons, aux ménages et aux générations futures le coût d’une expérience périlleuse. Pour s’adapter au réchauffement climatique et réduire l’empreinte carbone, la préservation de finances durablement saines constitue une pré-condition indiscutable.
Contacts:
Philippe Gumy, directeur adjoint CCIF - pgumy@ccif.ch
Reto Julmy, directeur UPCF - reto.julmy@upcf.ch